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 Une rencontre singulière. [Dan Blucas & Dawn Morgen]

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Andrew Nichols
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MessageSujet: Une rencontre singulière. [Dan Blucas & Dawn Morgen]   Sam 10 Sep - 21:47

Dan Blucas a écrit:
Cette matinée était bien singulière pour Cleyn. Il suffisait de regarder le ciel pour se rendre compte que ce jour n’était pas comme les autres. En effet, rares étaient les jours où la brume s’invitait dans le ciel de la ville. Et encore plus dans la saison dans laquelle, ils se trouvaient. Au contraire, dans cette période de l’année, tous les jeunes de la ville s’agglutinaient sur la plage, au bord du lac ou dans la piscine, en espérant que les étendues d’eau qu’ils y trouveraient leur permettraient de se rafraîchir un peu. Cette fois, la grisaille ne semblait pas leur donner envie de sortir. Ce qui voulait dire que l’université de Cleyn était le théâtre de toutes les envies de ses étudiants. Comme souvent, la journée de Dan commença par un véritable parcours du combattant. Eviter les scènes d’ébats entre étudiants émoustillés à toute heure de la journée n’était pas simple. Surtout lorsque certains avaient la fâcheuse tendance de choisir cafétéria, douches, et même l’autre lit de sa chambre d’étudiant pour laisser libre court à leur envie. Et surtout, comme souvent, il se surprenait à passer devant le placard à balais. Placard à balais dont la porte vibrait, comme elle avait du vibrer le jour où en gage d’amitié, Dan avait accepté la torture la plus horrible qu’on lui avait infligé. Comme toujours, il entendait les promesses que son vieil ami lui avait glissée à l’oreille alors qu’il le brisait dans sa quête d’un plaisir qui devait les « rapprocher ». Il se rappelait de son souffle rauque alors qu’il le déchirait et s’en délectait. Et il se rappelait surtout que cet « ami » n’était plus là et qu’il ne restait plus que le souvenir horrible de ce qu’il lui avait infligé. Et cette fois, ce fut trop. Alors Dan courut. Oui, il prit la fuite.

Sa course effrénée le mena jusqu’à la sortie de l’université. Jusqu’à ce qu’il fut forcé de s’arrêter, pris de nausées. Pendant de longues secondes, il tenta de reprendre son souffle, les mains sur les genoux. Les images de la fin brutale de cette amitié pour laquelle il avait tout donné continuèrent de l’assaillir, au point qu’il voulut hurler pour mettre fin à cette torture qui semblait devoir durer une éternité. Il réprima cette envie, autant qu’il le put. Par contre, il ne put retenir ses larmes. Comme s’il n’avait pas déjà assez pleuré à cause de ce moment. Combien de temps devrait-il encore sangloter à cause de ce que cet ami qui n’en était pas un lui avait fait. Pourquoi est-ce que cette déchirure ne se résorbait pas ? Dan avait réalisé qu’il ne méritait pas mieux que ce qui lui était arrivé, pour avoir cru qu’il avait la moindre chance d’être de ceux qui méritaient d’être amis avec ce David. D’ailleurs, il n’avait même pas le droit aux larmes. D’un revers de la main, il essuya son visage, se redressa et reprit son chemin, à la marche cette fois. D’une main, il coiffa sa tête d’une capuche, dans une vaine tentative de cacher ses yeux rougis par les larmes.

Le jeune homme marcha jusqu’à en perdre la notion du temps. Il était supposé avoir cours, mais ce n’était pas grave. Tout ce qui comptait, c’était s’éloigner le plus possible de cette université, de ses étudiants, de lui… Qu’est-ce qu’étaient quelques cours ? D’autant plus en ce moment, où chaque seconde qu’il passait sur les bancs d’un amphithéâtre était une éternité de souffrance pour lui. Ou chaque parole qui lui était adressée ressemblait à cette invitation à passer l’heure dans un placard à balais qu’il avait naïvement acceptée, croyant qu’il s’agissait là des prémices d’une occupation original. Il voulait s’éloigner de cet endroit qu’il connaissait trop bien et qui en devenait étouffant. Et cela, il y parvint, un peu trop bien.

Lorsqu’il releva les yeux pour regarder l’horizon, il eut la surprise de se rendre compte qu’il se trouvait en territoire inconnu. Selon toute vraisemblance, il se trouvait à l’entrée d’un pont. Un pont dont l’épaisse brume lui cachait l’autre extrémité. Son premier instinct fut de glisser un regard par-dessus son épaule, pour constater que cette purée de pois qui s’était levée dans la ville lui cachait également le chemin qu’il avait emprunté. Ses oreilles par contre étaient mieux loties que ses yeux, à moins que ce soit un tour que lui jouait son esprit. Pendant un instant, il crut entendre l’appel de celui qui était devenu son bourreau après s’être prétendu son ami. Dan fut alors saisi d’une frayeur sans nom.

Sans y réfléchir à deux fois, il s’élança sur ce pont et courut de nouveau à en perdre haleine. Mû par une énergie dont il ignorait la provenance, et surtout par la terreur que lui inspirait désormais son vieil ami, il accéléra à chaque pas. Jusqu’à ce que la douleur vienne déchirer son flanc, jusqu’à ce que ses jambes refusent de le porter plus loin. Jusqu’à ce que cette belle énergie qui l’avait poussé jusque là s’envole et le laisse en ce point, où il ne voyait plus ni l’extrémité du pont d’où il était venu, ni celle vers laquelle il se dirigeait. Dan fut alors tenté de se laisser tomber, s’allonger sur le sol, et attendre…attendre jusqu’à un événement qu’il ne pourrait nommer. Peut être même voulait-il attendre la mort. Après tout, qui le regretterait s’il venait à quitter ce monde. Peut être que comme cela, sa souffrance s’apaiserait une bonne fois pour toutes.

Assez ironiquement, c’est au moment où Dan appela la mort, qu’une ombre se dessina à travers le brouillard qui lui masquait la vue. Pendant un instant, Dan sentit sa gorge se nouer sous l’effet de la frayeur. Oui, pendant un moment, il crut voir la grande faucheuse répondre à son appel, et il réalisait qu’il n’était pas tout à fait prêt à quitter ce monde. Cette peur, cependant ne tarda pas à être dissipée lorsque cette ombre devint une silhouette. Elle s’envola définitivement lorsqu’il reconnut des courbes féminines. Seulement, cela ne l’empêcha pas de rester figé lorsqu’il put enfin voir cette femme.

De longs cheveux couleur de jais, une peau laiteuse et un visage si inexpressif qu’il donnait presque l’impression d’être celui d’une poupée de cire, et surtout ces deux perles de glace qui emprisonnaient le regard de Dan. Cette apparition n’avait rien de terrifiant bien au contraire. Dan était désormais comme hypnotisé par cette demoiselle, à tel point qu’il en oublia douleur et fatigue pour en suivre le moindre de ses mouvements, la moindre bouffée d’air qu’elle respirait. Cependant, contrairement à ces demoiselles qui le troublaient parfois, cette jeune femme –l’était-elle vraiment ?- ne provoquait pas ces bouffées de chaleur qui l’embarrassaient tant. Au contraire, il fut pris de frissons. Pour Dan, cette personne ne pouvait pas être humaine. C’était une apparition d’un autre monde, une créature qui transcendait l’humanité.

Puis, la réalité s’imposa à lui. Icône, créature d’un autre monde ou simple mortelle, Dan devait l’agacer à garder les yeux rivés sur elle. Le jeune homme eut une réaction plus naturelle pour lui, et se laissa de nouveau inhiber par la gêne. Le jeune homme détourna le regard et après une brève hésitation rompit le silence de mort qui régnait dans les environs.

« Je…je suis désolé. » Lui dit-il donc. « Je ne voulais pas vous importuner. »

L’adolescent se mordilla la lèvre inférieure, attendant que son interlocutrice le rabroue comme il le méritait pour l’avoir fixé de cette manière. Et pourtant, il ne put s’empêcher de lever de nouveau le regard vers elle. Comme s’il avait besoin de poser un regard de plus sur elle pour s’assurer qu’elle ne disparaitrait pas. Pour s’assurer qu’elle n’était pas un tour que lui jouait son esprit. Les yeux de Dan retrouvèrent bien vite le chemin vers ses pieds lorsqu’il croisa de nouveau ce regard froid et pourtant si envoûtant.

Dawn Morgen a écrit:
Un brouillard épais s'était lourdement abattu sur la ville de cleyn. Le soleil, le ciel bleu avaient laissé place à une atmosphère onirique étrange. Les passants se faisaient rares. L'endroit paraissait vide et sans vie comme étrangement aspiré dans une autre dimension. Une dimension sans rire, grisâtre et pathétiquement cliché. Pourtant il n'en fallait pas plus à Dawn Morgen pour sortir de sa tanière. Elle aimait ce genre d'ambiance, cette impression d'être seule au monde, libre et solitaire, marchant vers l'inconnu sans savoir ou aller, ne suivant que son envie du moment, appréciant cette tranquillité certaine qui disparaîtrait dans quelques heures. La jeune femme, le regard rivé sur l'horizon, avançait avec lenteur. Elle paraissait être un de ses personnages de films d'horreur. En la voyant toutefois, il était difficile de savoir si elle était la jouvencelle en détresse ou si au contraire, elle était ce monstre sanguinaire sous couvert d'un visage d'ange. Personne ne pouvait savoir ce qu'elle était. Elle était étrange, solitaire et aimait se prétendre différente de tous les autres. Elle avait un monde à elle ou seuls, quelques rares exceptions avaient pu faire leurs entrées. On jasait beaucoup sur sa personne mais elle s'en foutait. L'homme est un loup pour l'homme et Dawn en avait bien conscience.

Il valait mieux marcher seule que mal accompagné, telle était sa devise.

La belle aux longs cheveux noirs frissonna un instant, le froid la mordait de part en part, et le vent cinglant ralentissait sa marche. Elle serra ses deux bras contre son corps et continua sa marche silencieuse. Elle ne savait pas ou elle allait mais elle savait qu'elle trouverait son petit coin de paradis ou elle pourrait réfléchir en paix. Là était son but, et elle ne comptait pas s'arrêter avant de l'avoir accompli. Depuis quelques mois qu'elle se trouvait à Cleyn, elle n'avait eu aucun coup de cœur. Les lieux défilaient et se ressemblaient en tout point. Ils étaient gais, trop plein de vie et sans réel intérêt pour la personne qu'elle était. Les gens riaient, s’esclaffaient, se pavanaient telles des dindes, s'embrassaient à pleine bouche. Non, assurément, elle n'était pas faite pour les côtoyer. Du moins, elle n'en voyait pas l'utilité.

Combien de temps avait-elle marché ? Elle n'en savait rien.
A présent, un énorme pont se dressait devant elle, elle resta un moment figée et s'avança doucement, scrutant du regard cet endroit plein de symbolique. Il contrastait étrangement avec le reste de la ville, comme-ci, il avait été là bien des siècles avant la construction de cette ville putride, marquée par la luxurieuse passion des corps. La jeune femme s'approcha du bord et plissa les yeux pour distinguer l'autre rive. Rien n'y faisait, elle ne voyait que cette épaisse brume. Derrière celle-ci, il y avait l'inconnu … ce territoire qu'elle ne voulait pas encore découvrir. Elle se posa un moment contre le petit muret de pierre et se mit s'en sans rendre vraiment compte, à contempler l'eau qui s'écoulait doucement.

Tout était si calme, si tranquille comme-ci, ce lieux lui appartenait corps et ame.

Un frêle sourire se dessina sur ses lèvres et elle laissa envahir par ce sentiment de liberté retrouvée. Elle ferma un moment les yeux, complètement satisfaite de ce moment si simple mais pourtant si intéressant. Soudain, un bruit la tira de ses pensées. Un bruit qui semblait se rapprocher. Elle espérait sérieusement que ce ne soit que passager et que cette présence disparaitrait aussi vite qu’elle était apparue, mais il n’en était rien.

Au contraire, cela semblait se rapprocher. Dawn se mit debout, se tenant droite comme un bâton, regardant droit devant elle pour percer l’énigme qui se cachait dans ce brouillard. Une ombre, un humain … Elle fit quelques pas comme pour aller à sa rencontre mais il n’en était rien, elle voulait juste distinguer le visage de cet être qui s’était perdu sur SON pont, celui qui avait troublé son silence et sa tranquillité.

La personne semblait s’approcher d’elle alors elle s’arrêta, le laissant venir. Toutefois elle espérait qu’il ne ferait que passer et qu’il ne la dérangerait pas davantage, elle distingua une chevelure blonde, un regard azur mais aussi un manque d’assurance de la part de cet homme. Ce n’était que la première fois qu’elle le voyait mais elle sentait une certaine empathie envers lui …

Il s’arrêta face à elle, avec un petit air déboussolé et perdu, avec cette mine déconfite et triste. Il paraissait si jeune. Si …

Dawn se figea instantanément en se rendant compte qu’il était en train de la toiser de bas en haut. Elle se contenta de le fixer à son tour, plongeant ses yeux dans les siens de la manière la plus naturelle qu’il soit. Aussitôt, elle le vit blêmir, et détourner son regard comme si il était gêné. Il pouvait l’être, il avait osé s’immiscer dans son monde sans y avoir été inviter. La jeune femme se contenta de soupirer longuement, puis elle posa son regard au loin alors que le jeune homme au visage triste semblait s’atteler à la contemplation du sol avec un intérêt presque ridicule. Elle aurait du partir et le laisser sur place mais ce n’était pas à elle de le faire. Elle prit une grande inspiration et se retourna vers lui. C’est alors qu’il s’adressa à elle avec une voix chevrotante et hésitante. Il lui faisait des excuses pour l’avoir importuné.

Elle le fixa alors que petit blond retournait à sa gène. Il paraissait être une petite chose fragile et sans défense. Elle n’allait tout de même pas le faire sombrer davantage. On avait beau la peindre comme quelqu’un sans sentiment. Ce n’était pas vraiment le cas. Au dessous de sa longue robe blanche, de cette carapace se cachait un cœur, aussi petit soit-il …

- Ce n’est pas grave …

Dawn laissa sa phrase en suspens et retourna près de son muret pour repartir dans ses pensées. Rapidement, elle en vint à oublier la présence du jeune homme. Mais son souffle lui rappela bien vite qu’elle n’était pas seule et qu’une autre âme, aussi perdue soit-elle se trouvait à ses cotés.

- Qui es-tu ? Et pourquoi ressembles-tu à un saule pleureur en perdition ?


Ces mots étaient sortis de sa bouche sans qu’elle ne sache pourquoi, elle avait l’habitude d’être franche et d’obtenir la réponse aux questions qu’elle se posait, et cette fois-ci, c’Est-ce petit inconnu qu’elle ne connaissait pas, sans nom et sans identité qui l’intriguait, non pas par ce qu’il était physiquement mais par ce qu’il lui faisait ressentir malgré lui.

Elle n’attendit pas sa réponse et fit quelques pas vers l’autre rive avant de s’arrêter et de rester dos à lui.

- Enfin libre à toi de répondre, après tout, tu n’as peut être pas la réponse à ma question.


Dan Blucas a écrit:
Plus le temps passait, plus Dan avait l’impression d’avoir quitté le monde qu’il connaissait. Et on ne pouvait pas le blâmer. On ne croisait pas ce genre de présence tous les jours. Cette femme qu’il venait de rencontrer dégageait quelque chose d’envoûtant et d’effrayant. A tel point que si Dan ne pouvait la quitter des yeux, il craignait tout de même la manière dont elle réagirait à son regard, un peu trop inquisiteur, il fallait l’admettre. Craindre ? C’était même un euphémisme. Le jeune homme s’attendait à entendre la voix de cette créature issue d’un monde onirique tonner. Il n’y avait qu’à voir comme il se recroquevillait dans une vaine tentative de se protéger, d’on ne savait trop quoi pour s’en rendre compte. Pendant un instant, il regretta même que cette purée de pois qui s’était abattue sur la ville ne le protège pas de la vue de la demoiselle qui se trouvait sur un muret non loin de lui. A croire qu’il n’y avait pas un seul habitant de cette ville –s’il était encore à Cleyn- dont Dan ne devait pas se cacher. Seulement, cette fois, les choses ne se passeraient pas comme il le craignait. Cette fois, il n’était pas question qu’on l’écarte comme l’on chassait un insecte un peu trop envahissant, ou un jeune enfant ennuyeux et un peu trop collant. A la grande surprise du jeune blond, Dan serait bien près à l’admettre.

La voix de cette femme le surprit, également. Comme son expression l’avait laissé imaginer, elle était un peu froide. Mais, Dan ne put s’empêcher de la trouver trop féminine, trop humaine pour appartenir à une créature d’un autre monde. L’entendre parler fut un retour à la réalité. Comme il aurait du s’en douter, elle n’était pas issue de son imagination. Ce n’était qu’une femme, une femme très particulière. Dan ne sut pas si cela devait le décevoir, le rassurer ou provoquer toute autre émotion en lui, à vrai dire. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il était encore plus intrigué maintenant qu’il savait qu’elle était faite de chair et de sang tout comme lui.

Un sentiment qui ne semblait pas partagé, au premier abord. Il n’y avait qu’à voir la différence de leurs attitudes pour s’en rendre compte. Cette beauté froide ne semblait pas vouloir s’intéresser au blondinet dont le regard faisait des allers retour entre elle et le sol que foulaient leurs pieds. Autre hésitation qui préoccupa Dan, celle quant à l’attitude à adopter face à celle de la jeune femme. Devait-il la rejoindre à ce muret comme tout autre homme de Cleyn l’aurait, au risque de l’importuner ? Ou au contraire, devait-il se rendre vers le muret opposé pour la laisser à sa quiétude ? Peut être même devait-il reprendre son chemin vers la rive qu’il cherchait à atteindre, puisqu’apparemment, elle ne l’empêchait pas de s’y rendre. Bizarrement aucune de ces options ne semblait prendre l’avantage l’une sur l’autre. Si bien que ce fut la brune qui occupait toutes ses pensées qui prit une décision à sa place.

Dan eut un sursaut lorsque sa voix s’éleva pour lui poser deux questions. Des questions qui le surprirent, une fois encore. Il n’aurait jamais pensé intriguer cette drôle de jeune femme de la même manière qu’elle le faisait pour lui. Ce qui était tout aussi surprenant, mais plus gênant cette fois, c’était qu’elle semblait lire en lui, au vu de la comparaison qu’elle faisait.

« Un saule pleureur… »

Le jeune homme n’en dit pas plus, un peu trop troublé par cette comparaison qu’il ne comprenait pas vraiment. On l’appelait par de nombreux sobriquets. ‘Coincé’ pour les uns, ‘empoté’ pour les autres ou encore ‘grosse tête’. Mais jamais personne ne l’avait comparé à un arbre. D’ailleurs, le jeune homme ne pouvait même pas dire s’il devait prendre cette appellation pour un compliment ou pour une insulte. Pour sa défense rien dans l’expression de son interlocutrice ne laissait paraître le fond de sa pensée. Au contraire, Dan avait presque l’impression que son visage devait rester figé dans cet air inexpressif qu’elle arborait jusqu’alors.

Une fois de plus, Dan tarda à trouver la marche à suivre. Et il semblait que cette jeune femme était lasse de l’attendre, puisque lorsqu’elle reprit la parole, elle se trouva dos à lui, prête à reprendre sa route vers la rive que le blondinet avait quitté. Il n’avait qu’un mot à dire pour la libérer de cette curiosité qu’il avait éveillée sans même savoir comment il s’y était pris.

« A vrai dire. Je ne suis pas sûr de connaître cette réponse. »

Un aveu qui était plutôt douloureux. Une réalité qui elle était honteuse. Dan avait laissé cette ville et ses habitants lui dérober jusqu’à ses certitudes, jusqu’à son identité. Non, il n’était plus ce jeune blond venu de Los Angeles pour être enfin indépendant et qui était surprenant de naïveté et d’insouciance. Tout comme le temps où son seul souci était de savoir quand et comment il allait s’intégrer dans l’université de Cleyn était bien loin. Tout ce qu’il restait en lui aujourd’hui étaient regrets et souffrance. Est-ce que cela suffisait pour se construire une identité ? Une autre question qui restait sans réponse.

« Tout ce que je sais, c’est que je m’appelle Dan Blucas. Et que j’étudie à l’université de Cleyn. »

Cela pouvait paraître stupide, mais peut être y avait-il une chance pour qu’elle s’intéresse à ces informations. Cela semblait absurde, évidemment. Qui donc pouvait s’intéresser à Dan Blucas de l’université de Cleyn ? Les rares personnes qui daignaient le faire un instant, ouvraient les yeux bien vite en général. Rien qu’à y penser, le jeune homme sentit de nouveau les larmes lui monter aux yeux. Cette fois, il parvint à les retenir, même s’il n’aurait su dire d’où lui était venue la force de le faire. Lentement, il se retourna vers la jeune femme et reprit la parole.

« D’ailleurs je devrais y être. » Avoua-t-il sans trop savoir pourquoi. « Mais je… »

Comme souvent une boule se forma dans sa gorge. De nouveau, le jeune homme baissa la tête, cette fois pour se plonger de nouveau dans cette douleur qui lentement mais sûrement le rongeait de l’intérieur. Ce fut donc d’un ton las qu’il reprit la parole.

« Je n’y ai pas ma place… »

De nouveau, il ne put que se rappeler de la solitude du ‘coincé’ ou du prix à payer pour être considéré comme un bon ami à Cleyn. De nouveau, il se rappela qu’il avait tout donné, sacrifié sa dignité, accepté la pire de toutes les souffrances pour devenir l’esclave du plaisir d’un ami. Un ami qui ne l’était pas resté. Ce qui dans l’esprit de Dan signifiait que rien de ce qu’il avait à offrir n’était assez précieux. Du moins pas à Cleyn. Et peut être même pas dans le monde dans lequel il vivait.

« C’est pour ça que je suis ici. » Expliqua-t-il ensuite. « Peut être que la perdition est tout ce que je mérite. »

Tout comme peut être qu’accepter cela rendrait les choses moins douloureuses que continuer à désirer quelque chose qu’on ne voulait pas lui accorder. Mais ces réflexions n’étaient probablement pas très intéressantes pour quelqu’un d’autre. Ou du moins, c’est ce qu’il se dit après quelques instants.

« Mais je ne voudrais pas vous ennuyer avec mes histoires. »

Dawn Morgen a écrit:
Elle se trouvait dos à lui, fixant avec obstination l’autre coté du pont. Voulant connaitre malgré elle, la réponse qu’il allait lui donner. Ce n’était pas dans son habitude de s’intéresser à une personne autre qu’elle, mais cette fois-ci, c’était différent. L’homme qui avait croisé sa route, en ce jour de brouillard, semblait perdu et abandonné, enfermé dans un désespoir qu’elle pouvait déjà ressentir alors qu’elle ne le connaissait que depuis quelques secondes. Dawn s’attendait à recevoir une réponse aux questions qu’elle lui avait posé., une réponse commune, et routinière du genre « Je suis monsieur X, j’ai une centaine d’années et j’aime la soupe de tomate ». Pourtant, elle esquissa un léger sourire quand elle l’entendit dire qu’il n’était pas sur de savoir qui il était. Personne ne le pouvait vraiment, surtout dans un monde, ou l‘humain tentait de se fondre dans la troupe des hagards par tous les moyens possibles. , Ainsi beaucoup d’entre eux montraient une face qui plaisait au plus grand nombre et tuaient ce qu’ils étaient vraiment. Ils n’étaient que l’ombre d’eux-mêmes, une illusion faussée et ridicule de leur véritable « Moi ».

Doucement, elle se tourna vers le jeune étudiant et resta un moment silencieuse, fixant ce visage juvénile et timide :

- Le « connais-toi, toi-même est impossible ». Nous pouvons penser que l’on puisse se connaitre en surface mais au delà, c’est une chose impossible. Connaitre ses gouts, ses dégouts, ses passions est une chose aisée toutefois quand on se retrouve confronter à quelque chose de nouveau, une situation particulière, parfois la réaction que l’on avait prévu d’avoir est tout autre et l’on se retrouve surpris d’avoir agis autrement et d’une manière totalement contraire à nos valeurs profondes. C’est une preuve de sagesse d’admettre que tu ne sais pas qui tu es. Toutefois, sur ce point, je ne sais pas ce qu’en penserait Chilon.

Elle s’arrêta soudainement, se rendant compte qu’elle avait parlé bien trop longtemps et que le jeune homme ne devait sans doute pas s’intéresser à tout ce qu’elle pouvait penser de la nature humaine et de la perception de celle-ci. Dawn plissa les yeux, comme-ci elle tentait de discerner de l’ennui, mais elle ne voyait rien d’autre que ce visage ravagé, morne et misérable. La brune soupira, écoutant le vent qui peu à peu, s’affirmait et les giflait tous les deux avec une force presque étonnante, faisant voler leurs cheveux dans tous les sens. Les voix se faisaient faibles mais elle pu distinguer qu’il se présentait brièvement à elle. Elle cru entendre qu’il s’appelait Dan et qu’il venait de l’université de Cleyn, université ou de toute évidence, il ne se sentait pas à l’aise. Si le début de cette présentation paraissait être d’une banalité presque effrayante, la suite, toutefois semblait bien plus intéressante.

Il se décrivait comme un être en perdition, cela sonnait comme un écho plaintif, plein de ressentiment et d’amertume.

- Est perdu, celui qui se considère comme tel. Si tu considérais la situation autrement, tu verrais que tu n’es pas forcément perdu mais que tu cherches ta propre voie, différente de celles que l’on peut trouver dans ta faculté.

Dawn ne connaissait pas cette université, si ce n’est de réputation. Beaucoup disaient que la luxure était maitresse des lieux et que le savoir ne se résumait qu’à la connaissance du plaisir et du sexe sous toutes ses coutures. Elle ne les comprenait pas, et il ne valait mieux pas qu’elle se permette de juger ces gens sans véritablement les connaitre. Les dits et les rumeurs étaient souvent infondés et parfois même il valait mieux ne pas en prendre compte tant cela frôlait le ridicule et l'absurde.

Elle fit un pas vers lui et reprit la parole, toujours avec ce ton détaché et neutre. C’est ainsi qu’elle s’exprimait et souvent les personnes prenaient cette manière de s’exprimer pour de l’indifférence ou de la prétention mais ce n’était pas ça du tout. C’était plutôt une nonchalance qu’elle ne pouvait pas refouler. Si vraiment elle ne s’était pas intéressée à lui, elle ne serait pas là à lui parler alors qu’il faisait froid comme dans un frigidaire et qu’il commençait à pleuvoir.

Depuis quand ? Elle n’en savait rien …. Et puis cela n’avait pas d’importance. Il y avait des priorités dans la vie et à ce moment, c’était ce Dan de l’université de Cleyn qui la préoccupait. Quoi que le mot « Préoccuper » était un peu trop fort. Oui, c’était seulement de l’intérêt, non pas une curiosité malsaine mais une volonté d’en savoir un peu plus sur ce gamin, ce saule pleureur qui avait croisé sa route en ce jour de juillet, sous cette purée de pois digne des plus meilleures films d’horreur.

D’ailleurs, elle devait sans doute ressembler à un vampire sorti d’on ne sait ou avec sa peau pale, ses cheveux noirs, ses lèvres rouges, ses yeux …Sans vie. Mais qu’importe, cela paraissait secondaire à cet instant précis, non ? Bien sur que oui.

Dawn jeta un regard au loin et le posa tout aussi rapidement sur le jeune, sentant que quelque chose manquait.

- Je suis Dawn, Dawn Morgen de Cleyn.

Elle resta fixé sur lui avec un mince sourire sur la face, reprenant la manière qu’il avait employé pour se présenter :

- Il n’y a que ça à savoir de moi, du moins, c’est l’essentiel pour pouvoir commencer une discussion avec un inconnu qui n’en est plus vraiment un, une fois le protocole de présentation amorcé.

« Une pause se fit entendre »

- Je ne sais rien de toi si ce n’est ton prénom mais pourtant, à chacun de tes mots, tu ne cesses de te dévaloriser ou de marquer un point négatif. Ce n’est pas comme ça qu’il faut agir. Il faut voir le verre à moitié plein et jamais à moitié vide. N’est stupide que la stupidité comme n’est ennuyeux que l’ennui et pour le moment, tu ne m’ennuies pas avec tes histoires sinon, tu l’aurais déjà su …

La belle brune lui tendit alors la main afin qu’il la serre ;

- Ne restons pas de simples noms, apprenons à voir au delà, Saule.

Elle ne savait pas comment il prendrait sa demande, peut-être accepterait-il sans broncher et ils traverseraient ensemble ce pont, sinon, ils repartiraient chacun de leur coté, elle dans son monde et lui dans le sien, sans un mot, sans un regard. Oubliant par la même qu'ils avaient pu se croiser en cette journée brumeuse et froide. Au détour de ce lieu plein de symbolique et de légendes. Ils redeviendraient deux inconnus, deux êtres que le destin avait fait se rencontrer par hasard ... La suite n'était pas encore écrite. Quoi que ...



Dan Blucas a écrit:
Une fois de plus, Dan eut un geste de recul. Cette fois, ce fut le simple regard de cette femme si étrange qui l’espace d’un instant, l’intimida un peu. Il n’aurait su expliquer le pourquoi du comment d’une telle réaction. Evidemment, le blondinet avait l’impression que cette brune aux yeux d’un bleu électrique tentait de le sonder. Mais ne lui avait-il pas dit ce qu’elle trouverait. Ne l’avait-il pas averti qu’elle ne trouverait que l’âme d’un homme brisé au point de ne plus savoir qui il était ? Alors qu’avait-il à craindre ? Que comme l’immense majorité des personnes qu’il avait croisées, la jeune femme n’ait aucun intérêt pour ce qu’elle voyait ? En était-il toujours au stade où ce genre de chose le blessait ? Certes, il enviait toujours ses pairs. Mais cette fois, ce n’était pas d’avoir découvert un monde qu’il ne connaissait pas. Non, cette fois, il les enviait de ne pas connaître son monde, cet univers de regrets et de souffrance dans lequel il avait été poussé par égoïsme. Il les enviait surtout de pouvoir évoluer dans Cleyn sans que cette ville ne leur évoque l’horreur et la torture que l’on pouvait y vivre. Rien qui justifiait d’avoir peur du regard de l’autre. Au contraire, Dan se demandait parfois si ce n’était pas plus rassurant qu’ils se contentent de regarder avant de se détourner de lui, comme d’un être sans intérêt.

Apparemment, cela ne semblait pas être l’intention de cette mystérieuse apparition. Au contraire, elle semblait vouloir l’apaiser. Allant même jusqu’à appeler son ignorance, un signe de sagesse. Ce qui ne manqua pas de surprendre Dan. Ce n’était pas le genre de choses que l’on avait l’habitude d’entendre dans un monde où tous revendiquaient leur identité. Et encore moins à Cleyn, où même des considérations pour le moins superficielles, comme le nombre d’amantes et la variété des expériences sexuelles que l’on vivait, déterminait la valeur d’un individu. Mais, Dan ne s’en inquiéta pas bien longtemps. Et pour cause, le jeune homme devait répondre à la seconde partie de la question de la jeune femme.

« Chercher sa propre voie ». C’était une jolie manière d’exprimer sa situation. Mais Dan ne savait pas comment considérer sa situation pour la voir de manière un peu moins douloureuse. Il fut un temps où il avait pu. Il fut un temps où il était prêt à croire que ceux qui le blessaient, le rejetaient et l’humiliaient ne le méritaient pas. Cela rendait les choses tellement plus simples. Mais, plus le temps passait, plus il se demandait si en réalité, c’était lui qui ne méritait pas les faveurs de ce genre de personnes.

Un frisson parcourut son échine. C’est fou comme le temps était frais pour une journée à Cleyn. C’était comme si cette ville prenait le parti de se montrer plus hostile encore pour Dan et le pousser vers d’autres contrées. Et c’est probablement vers un abri qu’ils auraient du se rendre, vu que des gouttes de pluie tombaient des cieux sur le sommet de ses cheveux. Depuis combien de temps ? Le jeune homme n’aurait su le dire. Jusqu’à ce frisson, ni le froid ni la pluie n’avaient eu d’importance.

C’était là le signe de l’intérêt que cette « Dawn » suscitait en lui. La manière dont elle se présenta à lui était le reflet de la manière dont Dan s’était présenté, quelques instants plus tôt. Mais Dan, y vit quelque chose de plus. Et pour cause, Dan de Cleyn était on ne peut plus différent de Dan de Los Angeles. On lui avait retiré ses illusions. Et sans ces illusions, Dan n’était plus qu’une plaie ouverte qui déambulait sans but précis si ce n’était que la souffrance achève de le consumer.

Et pourtant, cet avenir de souffrance ne l’empêchait pas d’avoir des moments où il s’amusait. Comme lorsque Dawn lui fit comprendre qu’elle n’en dirait pas plus que ce qu’elle venait de dire. Du moins pas avant qu’ils se connaissent mieux. Rien d’amusant, a priori. Mais elle le faisait comprendre d’une manière si atypique, si différente de ce dont il avait l’habitude que Dan ne put s’empêcher d’en rire légèrement.

Un rire qui ne tarda pas à mourir lorsqu’elle lui donna ses premières impressions. Voir le verre à moitié plein, une philosophie intéressante. Mais difficile de savoir où était le côté positif de sa situation. L’être souillé, brisé et abandonné qu’il était, était également aveugle à tout ce qu’il y avait de positif. A tel point que bien loin de susciter l’espoir, le fait qu’il puisse intéresser quelqu’un –et encore moins une personnalité si atypique- ne créait que des interrogations dans son esprit.

Comme hypnotisé par les paroles de ce qu’il prenait encore comme une créature issue de son imaginaire, Dan serra cette main tendue. Puis une fois que leurs mains furent séparées, le charme fut rompu. Et le silence dans lequel il s’était muré prit fin.

J’avoue que j’ai du mal à comprendre.

N’osant plus regarder la jeune femme, il se détourna d’elle et marcha lentement vers l’une des rambardes. Son regard se perdit ensuite dans le vide alors qu’il laissait de nouveau le silence s’installer entre eux. Pendant de longues secondes, il chercha ses mots, puis en désespoir de cause, il reprit la parole.

Je ne suis pas le seul… Dit-il alors. Il y a d’autres saules pleureurs en perdition.

D’autres qui auraient pu attirer son attention. D’autres dont elle aurait pu se rendre compte qu’ils étaient si convaincus d’être en perdition qu’ils n’en trouvaient plus leur chemin. Et qui n’étaient que de bien pu d’intérêt pour une demoiselle qui de toute évidence avait trouvé son chemin, aussi mystérieuse que cette voie pouvait être. De ce point de vue, il était difficile de comprendre pourquoi elle prenait le temps de s’intéresser à lui.

D’une main, il écarta quelques mèches qui s’étaient collées sur son front à cause de la pluie avant de se retourner vers la jeune femme.

Votre...intérêt me flatte beaucoup. Lui assura-t-il alors, de crainte qu’elle prenne mal ses interrogations. Seulement, je n’ai jamais rien apporté, si ce n’est de la déception. Je suis trop…trop différent.

Et pourtant, ce n’était pas faute d’avoir essayé de se conformer au style de vie de ses pairs. Au contraire, il ne l’avait que trop fait. Au point d’avoir brisé quelque chose dont il avait l’impression qu’il ne pourrait pas le réparer. Tous ces sacrifices pour se rendre compte qu’il était peut être trop différent pour espérer se fondre dans le moules. Et il lui en faudrait encore plus pour savoir en quoi il était si différent. Mais ça, il n’était pas prêt. D’ailleurs, il n’était pas sûr d’être prêt à affronter une épreuve de plus…

Que se passera-t-il si jamais… Commença-t-il avant de s’interrompre, un peu trop effrayé par cette perspective. …si jamais nos chemins ne doivent pas se rejoindre ?

Une perspective qui était déjà assez effrayante. Et qui devrait devenir plus inquiétante au fur et à mesure que le temps passerait. C’était peut être prématuré, mais Dan ne pouvait s’empêcher d’espérer que le destin lui avait fait cadeau de son aube. Ce petit éclat qui devait dissiper l’obscurité dans laquelle la luxure et l’égoïsme l’avaient plongé. Et Dan ne savait pas s’il serait capable de voir le verre à moitié plein, s’il vivait une autre de ces déceptions.

Dawn Morgen a écrit:
Dawn fixait le jeune homme, sans montrer ne serait-ce qu’une petite mimique. Elle essayait de comprendre pourquoi un être si jeune se sentait seul au point de ressembler à une vieille dame attristée de ne pas avoir assez profité de la vie.

Étrangement, elle se sentait comme attirée par cette petite âme perdue sur ce pont, en ce jour de mauvais temps. Elle l’écoutait parler. Du moins, elle écoutait le peu qu’il disait. Il n’était pas très bavard mais ce n’était pas un mal. Loin de là. Cela démontrait une certaine timidité presque mignonne mais cela révélait aussi le fait qu’il ne semblait pas faire confiance à la première personne croisée à l’arrachée. Et il avait raison. Se révéler au premier venu était parfois dangereux surtout quand on tombait sur une mauvaise personne. Ce qu'elle n'était pas ... Oui, du moins, c'est ce dont elle essayait de se convaincre parfois.

Il revint à ses cotés et elle en profita pour faire quelque pas avant de jeter un regard au loin pour à nouveau le reposer sur Dan. Il lui avait révélé qu’il était différent, qu’il n’apportait rien de bon et qu’il avait sans doute des milliers d’autres saules pleureurs dans le monde. A ceci, elle ne peut s’empêcher de répliquer doucement :

- Il y en a sans doute beaucoup, mais tu es le seul que j’ai croisé aujourd’hui. Le seul que j’ai croisé juste à présent et que je peux peut-être aider par quelques mots même si ce n’est pas grand-chose.

Elle sourit légèrement, et reprit tout aussi calmement :

- Et être différent n’a jamais été un tord. Ceux que l’on doit blâmé, ce sont ceux qui ne n’acceptent pas la différence et qui préfèrent le banal et l’ennuyeux. Après … Chacun, ses goûts. J'apprécie ceux qui ne suivent pas la masse même quand ce n'est pas voulu.

Dawn arrêta soudainement sa marche. La dernière phrase qu’il avait prononcé lui revenait en tête comme un coup de massue étrange. Il s’inquiétait déjà de ne plus la revoir. Mais pourquoi voulait-il la revoir alors qu’ils ne s’étaient pas encore quittés.

- Que se passera-t-il si jamais nos chemins ne devaient pas se rejoindre ?


Elle répéta à nouveau ces quelques mots comme pour tenter de s’en imprégner et répliqua promptement alors qu’une rafale de vent s’engouffra dans ses vêtements, la faisant sournoisement trembler.

- Tu sais, deux chemins … Deux individus se croiseront toujours si la volonté y est.
Tout dépend de la volonté... Penses-tu trouver de l’intérêt à me revoir ?


La belle brune, semblable à une apparition éphémère avait une intime conviction de connaitre la réponse et bien plus encore de savoir ce qu’il allait dire à ce propos, il lui retournerait tristement la question, la fixant de ses deux yeux vides et elle sourirait lassée de ne pas comprendre son mal-être. Alors, elle devança le futur et continua avant qu’il n’est eut le temps de réagir :

- Moi, oui …

Elle n’ajouta rien de plus et laissa sa phrase en suspens.

Oui, elle adorait cet effet de style mais si chez elle, c’était une chose naturelle de ne pas en dire plus que nécessaire. Sans même le connaitre, elle savait qu’il n’était pas sur sa route par hasard et qu’elle pourrait peut-être faire quelque chose pour tenter d’illuminer un peu son monde même si cela ne devait que quelques heures ou bien plus … Comme il semblait déjà le vouloir.

La vie était faite d’obstacles, de mauvais moments à vivre et à subir mais parfois quand elle se faisait moins vache, elle donnait de petits coups de pouce afin d’améliorer les choses. Elle ne se prétendait pas à être le « fameux coup de pouce » de Dan mais à cet instant précis. Rester dans l’inaction face à ce jeune homme serait la plus stupide des choses à faire. Au moins, elle se sentirait moins inutile qu’elle ne l’était actuellement.

Parfois, il valait mieux s’occuper des vivants que des morts, et Dan en était la preuve.

Avec ses clients, comme elle les appelait, elle n’avait rien à faire, elle se contentait seulement de faire paraitre la mort un peu moins laide qu’elle ne l’était. Parfois, elle oubliait le fait qu’eux avait déjà vécu et que dehors, il y avait des vivants qui ne profitait pas pleinement de la chance « Vie ».

Dans ces rares cas, il fallait agir.

Elle regarda autour d’elle, contemplant la pluie qui s’abattait sur le lac, tentant de transpercer ce brouillard presque surnaturel et effrayant ;

- On se croirait presque dans un film d’horreur … Ou un de ces vieux films romantiques. Ou encore lorsque Robinson crusoé rencontre Vendredi.

La jeune femme parlait plus pour elle-même que pour son compagnon de route, elle avait parlé si bas qu’elle se demandait s’il entendrait ce qu’elle avait dit. Cette petite phrase sans intérêt … Quoi que.

- Nous devrions peut-être reprendre notre marcher et aller boire quelque chose … Quelque part, tu ne crois pas ? Comme tous les humains, je n’ai pas la prétention de résister au froid.


Elle lâcha un petit rire et lui tendit à nouveau le bras comme pour l’inciter à avancer.

Dan Blucas a écrit:
Plus la jeune femme s’expliquait, moins Dan avait l’impression de comprendre ses motivations. Ou plutôt, ces explications étaient en contradiction avec l’image que Dan s’était faite d’elle, lorsqu’il l’avait vue apparaître. Le jeune homme voyait Dawn comme une sorte d’ange sombre qui errait dans ce monde sans vraiment y appartenir. Et qui du coup était étrangère à des concepts comme la souffrance, l’émotion et la compassion. Apparemment, il s’était trompé en ce qui concernait la compassion. Au contraire, c’était cette compassion qui la séparait du commun des mortels. Là où la plupart d’entre eux exigeait de Dan que sa tristesse s’envole et qu’il ait des préoccupations un peu plus semblables à ce qui se fait dans l’université, elle, la beauté froide et inexpressive, voulait l’aider du mieux qu’elle le pouvait. Cela avait quelque chose d’ironique.

Ce qui était plus surprenant encore, c’était qu’elle parvenait à l’aider. Parce que pour une fois, elle lui dit exactement ce qu’il devait entendre. Ca n’avait rien de révolutionnaire, évidemment. Combien de fois avait-il entendu dire que la différence ne gênait que les personnes les moins intéressantes. Mais cette fois, cela faisait écho à ce qui lui était arrivé. Cette fois, il ne put s’empêcher de se dire que ces mots pouvaient être appliqués à cet ami qui au nom d’une relation plus ‘forte’ avait bafoué tout ce qui faisait l’identité de Dan, pour disparaître et ne jamais lui adresser le moindre mot. Et cette fois ces mots avaient plus de poids puisque la jeune femme arborait une tenue singulière et un teint blafard, à l’opposé de tout ce qu’il avait rencontré jusqu’alors, que ce soit dans sa ville natale ou à Cleyn. Ainsi, si pour d’autres ces mots pouvaient avoir l’air d’être un lieu commun, Dan ne put s’empêcher de regarder la jeune femme comme si elle venait de lui faire une révélation. Ce qui, quelque part était le cas. Parce que maintenant les mots que cet ancien ami avait utilisés pour justifier son acte si horrible, ne pouvaient plus le culpabiliser. Ils ne faisaient que rendre son acte plus absurde, plus égoïste. Il était enfin libre de détester cet ami qui avait prétendu avoir voulu être proche de lui. Et s’il en était le premier surpris, cette réalité soulageait Dan.

Une bourrasque de vent se leva et s’insinua dans le tissu du t-shirt du jeune homme, lui arrachant un frisson. Quelle idée stupide il avait eu d’arborer sa tenue habituelle en cette journée froide et brumeuse. Heureusement, cette pensée ne s’attarda pas dans l’esprit du jeune homme. Puisque de nouveau, Dawn occupa toute son attention, toutes ses pensées. Elle semblait surprise qu’il s’inquiète déjà de la revoir. Le jeune homme ne se rendit pas tout de suite compte que cela avait quelque chose d’absurde de parler d’un autre jour, alors qu’ils pouvaient encore aisément prolonger le moment qu’ils vivaient. Tout ce qui lui importait, c’était cette peur qui lui dévorait les entrailles. Celle de la voir disparaître et emporter avec elle toutes les certitudes qu’elle lui offrait, comme tant d’autres l’avaient fait avant elle.

Heureusement, encore une fois la jeune femme avait une réponse. Elle avait une réponse à tout apparemment. Et encore une fois, Dan buvait ses paroles. C’était assez effrayant, mais la jeune femme aurait pu lui dire n’importe quoi, et il l’aurait cru. Il la voyait comme détentrice d’une vérité qui dépassait largement tout ce qu’il connaissait, à tord ou à raison. Et de ce fait, lorsqu’elle parlait, il écoutait. Et puis, il fallait dire que cela avait quelque chose de rassurant de se dire que leurs chemins ne dépendaient ni plus ni moins que de leur volonté commune. Et pour cause, à la question qu’elle lui posait, il ne pouvait que répondre un oui retentissant.

Mais cela, il n’eut même pas le temps de le dire puisque à peine eut-il le temps d’ouvrir la bouche –sans même savoir ce qui en sortirait- que la jeune femme lui confirma vouloir continuer ce bout de chemin avec lui, une fois cette rencontre terminée. Dan resta quelques secondes bouche bée, encore surpris par l’interruption de la jeune femme. Et puis, pour la première fois de cette journée, il sourit. Il sourit d’un sourire plus éclatant que ce qu’il avait pu offrir depuis si longtemps qu’il en avait oublié qu’il pouvait le faire. Mais bien sûr, une petite touche de gêne pointa le bout de son nez. Alors ce sourire, il tenta de le cacher en détournant son visage, en l’éloignant du regard de Dawn.

Après quelques secondes, une fois que cette émotion fut retombée, il consentit à glisser à nouveau un regard discret à Dawn, pendant qu’elle regardait autour d’elle. Et le jeune homme se surprit à penser que cette vision qui pouvait sembler si ordinaire avait quelque chose de fascinant pour lui. Oui, il aurait voulu pouvoir se faire tout petit, pour qu’elle l’oublie et qu’il puisse la contempler encore un peu plus longtemps. A cette pensée, il sentit le rouge lui monter aux joues.

Ce qu’elle dit ensuite ne fit rien pour arranger son état. Il n’en entendit que des bribes, la jeune femme parlait trop bas pour qu’il entende tout ce qu’elle avait à dire. Mais ce qu’il avait entendu, l’inspirait. Tellement qu’il se sentit obligé de lui répondre, même s’il n’était pas sûr que ces paroles lui étaient adressées.

« Ce n’est peut être pas une mauvaise chose. » Fit-il sans oser la regarder. « Les films romantiques finissent bien. » Souffla-t-il ensuite. « Enfin, ça veut peut être dire que notre rencontre… » Reprit-il plus très sûr de ce qu’il voulait dire. « …je ne sais pas. »

En fait, il ne savait que trop. Dans les films romantiques, ce genre de rencontres menaient à une belle histoire d’amour qui devait durer jusqu’à la fin des temps. Si le simple fait de l’avoir croisée sur ce pont, faisait de Dawn son âme sœur, Dan l’accepterait, peut être même sans trop de mal. Après tout, malgré son apparence qui pouvait sembler morne, sans vie, elle lui apportait déjà plus de chaleur que ce qu’il avait eu depuis longtemps. Une chaleur si agréable qu’il voudrait bien la garder en lui jusqu’à la fin de ses jours.

Mais une fois de plus, il n’eut pas le temps d’élaborer sur ces pensées, puisque la jeune femme lui fit une proposition très sensée. Aller dans un endroit fermé, un bar ou un café où ils pourraient se réchauffer. Comme elle, Dan non plus ne pouvait pas dire qu’il trouvait cette température très agréable.

« Euh…oui. » Dit-il, un peu pris de court par cette proposition. « Oui. » Reprit-il ensuite avec un peu plus d’assurance. « Je crois bien que j’ai aperçu un café pas très loin d’ici. »

Sur ces mots, il se remit à marcher comme la jeune femme l’avait invité à le faire d’un geste, mais ce ne fut pas sans lui adresser encore quelques mots.

« Je vous invite. » Ces mots furent prononcés avec bien moins de conviction que ce qu’il aurait voulu. « Je vous dois bien ça. Disons que c’est un cadeau du saule au soleil qui réchauffe son âme. »

Dawn Morgen a écrit:
Dawn avait été surprise d'apercevoir qu'il voulait déjà la revoir. Il était rare de voir des personnes chercher sa compagnie, elle n'était pas un être des plus plaisants, elle ne faisait que parler, dire ce qu'elle avait au fond de la tête, sans rien cacher, avec une franchise telle que souvent on ne cherchait pas à en savoir davantage. Les gens fuyaient la différence, préférant se confiner dans le monde d'illusion qu'ils s'étaient peint. Mais Dan était différent. Déjà, sa manière de se comporter, d'agir valaient mille fois la compagnie de ces gros flambeurs insupportables et orgueilleux.

Il avait croisé sa route, elle avait croisé la sienne. Cela aurait pu passer pour un hasard bienvenu, inopiné mais la jeune femme préférait voir là quelque de chose de plus … transcendant, d'inexplicable qui rajouterait un coté magique à cette rencontre. Elle le vit sourire, le première vrai sourire de leur rencontre et elle ne pu s'empêcher d'être touchée par la spontanéité de ce petit être. Cela devait être une chose rare de le voir s'ouvrir à quelqu'un et de sourire franchement. D'une manière ou d'une autre, elle avait obtenu ce qu'elle voulait même si elle savait au fond que ce petit moment ne serait qu’éphémère et que son visage redeviendrait morne quand ils se sépareraient pour retourner à leurs occupations respectives.

La belle ne pu contenir un soupir las. Elle ne voulait pas qu'il retourne dans sa solitude morbide en compagnie de tous ses démons intérieurs.

Perdue dans ses pensées, elle ne voyait pas qu'il l'observait du coin de l’œil, le rouge aux joues. Après quelques secondes, elle posa son regard sur lui, et sourit doucement avant de se rendre compte que la scène qu'ils jouaient, ressemblaient à celle que l'on pouvait voir dans quelques films romantiques. Il détourna les yeux et répliqua doucement. Les mots qu'il prononça la surprirent du tout au tout. Il disait que leur rencontre n'était pas une mauvaise chose, elle le pensait aussi. C'était là, le début d'une belle amitié ou de quelque chose d'autre dont elle ne pouvait pas encore définir la profondeur. Elle ne savait pas ce que pouvait penser Dan mais elle s'en doutait, son esprit semblait bien occupé et une nouvelle gène s'était invitée sur son visage, révélant par la même son regard.

Oui, elle pouvait y discerner un léger pétillement mais peut-être était-ce encore son imagination qui lui jouait des tours. Qu'importe ….

La jeune femme remarqua qu'il n'avait pas osé finir sa phrase, pourtant elle savait au fond d'elle qu'elle voulait en connaître la fin. Elle ne voulait pas le brusquer, seulement qu'il se dévoile à elle. Elle changea de sujet et l'invita à aller prendre un verre quelque part ou la température était sans doute plus supportable et il accepta sa demande et lui proposa même de l'inviter.

- C'était là un cadeau du saule au soleil qui réchauffe son âme.


La tournure qu'il avait employé était très jolie et ce fut à son tour de rougir comme une enfant. Elle ne comprit pas ce qui lui arrivait. Mais elle ne tenta rien non plus pour cacher cette étrange sensation qui l'envahissait peu à peu. Elle gardait cependant toute contenance.

- Merci, murmura t-elle alors.

Ils reprirent leur marche vers un café qu'elle ne connaissait pas, un nouveau silence s'était installé entre eux, comme-ci les deux êtres étaient bien trop occupés par leur pensée respective pour pouvoir parler. L'ambiance n'était pas gênante, bien au contraire, mais elle espérait seulement qu'il ne la trouve pas ennuyeuse.

D'habitude, elle se foutait de la considération que l'on pouvait avoir pour elle mais avec lui, c'était quelque peu différent. Ils traversèrent le pont alors que la tempête commençait à perdre doucement son souffle et de son intensité.

La jeune femme ralentit soudainement et se tourna vers lui alors qu’apparaissait au loin le fameux café.

- Tu n'as pas fini ta phrase tout à l'heure, qu'est ce ce que signifie notre rencontre selon toi ?

Elle voulait son avis là-dessus, comprendre ce qui se passait dans sa tête. Bizarrement, elle était moins loquace mais ce n'était pas si grave. Il valait mieux parler peu mais parler bien au lieu de s'étendre inutilement comme beaucoup de personnes à Cleyn, Elle l'observa un instant faisant courir ses yeux sur ce jeune homme si étrange mais elle les détourna tout aussi rapidement pour reprendre sa place. Elle lui laissait le choix de répondre ou non.

Il ne dit rien.

Ils arrivèrent au café. Quand ils franchissent la porte, une douce chaleur les percuta de plein fouet et Dawn ne pu s'empêcher de fermer les yeux pour l'apprécier davantage. Elle se frotta ses mains, l'une contre l'autre alors qu'une dame s'avança vers eux pour les accueillir avec un sourire presque chaleureux. Ils étaient les seuls clients. De toute évidence, il n'y avait pas beaucoup de courageux, capables de sortir dehors par un temps pareil. Elle les mena vers une petite table, près de la fenêtre, non loin du comptoir et les laissa tous les deux sans un mot. Elle semblait bien plus polie que les petites potiches de serveuses que l'on trouvait à la cafétéria de l'université …

Dawn Morgen prit la petite carte du café et l'étudia un moment. Vu le temps, elle aurait bien été tenté par un verre de vin chaud mais après une petite seconde de réflexion, elle se décida à prendre un simple chocolat chaud et … C'est tout. Cela était amplement suffisant. Quoi que ?

- Tu offres les boissons, j'offre les pâtisseries … Car moi aussi, je me dois de te remercier pour avoir croisé une personne différente de toutes celles que j'ai pu voir ici.

Bien sur, ils ne se connaissaient que depuis un quart d'heure mais elle le ressentait ainsi et elle était certaine de ne pas se tromper. Elle ne savait pas comment briser la glace avec lui mais elle voulait en savoir davantage ! Pourquoi ? Elle n'en savait rien. Peut-être qu'au fond, il lui ressemblait un peu ou … Non, elle n'en savait rien.
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Une rencontre singulière. [Dan Blucas & Dawn Morgen]
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